L'illustre famille de Créquy

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Actualités des Créquy

Présentation

20/10/2007 15:53

 

X. Jean V de Créquy, chevalier de la Toison d’Or (ca 1400-1472)

Né autour de l'an 1400, il avait hérité, à la mort de son père, d'une partie de l'héritage de sa grand-mère paternelle, à savoir les bonnes seigneuries picardes de Molliens-au-Bois et de Villers-Bocage. Il succéda à son frère Raoul, tué à Azincourt, dans les seigneuries principales et céda à son frère Raoulequin une partie de son héritage original.

Il fut sans aucun doute l'un des personnages les plus prestigieux et les plus illustres de la famille. Il était destiné à devenir un bon seigneur picard et son père lui avait légué, en 1411, quelques solides terres, sises en Amniénois, venues en grande partie de l'héritage de Jeanne de Haverskerque. La mort de son frère aîné, sur le champ de bataille d'Azincourt, fit qu'il devint aussi le titulaire des seigneuries éponymes.

Jean V de Créquy fit carrière, sans doute comme son père l'avait fait, au service des ducs de Bourgogne et plus particulièrement de Philippe le Bon dont il fut longtemps l'un des familiers les plus prisés. En l'an 1429, il en est déjà le chambellan, titre honorifique certes, mais qui marque un témoignage de reconnaissance envers une grande famille. Armé chevalier en 1429 par Philippe le Bon, en son ost de Montespilloy, Jean VI fut d'abord chef de guerre et il fut de tous les fronts où l'on se battait, de 1429 à 1436, quand la lutte faisait rage entre Anglais, Bourguignons et  Français de Charles VII. En 1429, il était au nombre des seigneurs anglais et bourguignons rassemblés près de Mitry pour empêcher la marche du roi Charles VII, juste sacré, sur Paris. En mai de l'an 1430, il fut du siège fameux de Compiègne, dans l'armée de Jean de Luxembourg. Il participa et fut blessé, si l'on en croit Lefebvre de Saint-Rémy, à l'action où Jeanne d'Arc fut faite prisonnière. En septembre, il fut vivement attaqué dans la bastille qu'il avait établi avec Florimond de Brimeux devant la porte donnant sur la forêt.

"En mai, le duc fit une très belle et grande armée pour aller au siège de Compiègne, où étaient ses ennemis. Dans un combat contre la Pucelle et ses gens, Jean de Créquy et le comte de Ligny se mirent à approcher la pucelle et ses gens qui avaient assailli le premier logis du duc. Le résultat de l'action fut que la Pucelle fut prise par les gens du comte de Ligny. Septembre: le siège continue, mais le duc est parti, laissant quelques troupes aux ordres du comte de Ligny. "Le comte de Ligny, messives Hues de Lannoy, le seigneur de Créquy et plusieurs autres passèrent la rivière Oise assez près de la ville à un pont fait de bâteaux pour assiéger la ville". Peu nombreux, ils construisent une bastille devant la plus forte porte de la ville, du côté de la forêt. L'une des portes est gardée par le sire de Créquy. Escarmouches. En octobre, la bastille est assiégée et le sire de Créquy est fait prisonnier. (Lefebve de St Rémy. Tome I)

Il dut en décamper et fut pris à quelque temps de là  (en octobre) à Germigny. En 1431, on le retrouve guerroyant autour de Laon; il échoua dans sa tentative de s'emparer de Saint-Vincent de Laon, qu'il projetait manifestement de piller. En 1433, ses troupes opéraient en Champagne avec celle du sire de Vergy contre le seigneur de Châteauvillain et le damoiseau de Commercy. Après le traité d'Arras, il fut du siège de Calais et se vit confier, après l'échec de cette opération, la garde de Gravelines. Sa carrière militaire trouva quelque rémission par la suite, à cause des longues trêves, puis de la paix revenue. Signalons son dernier acte, sa participation à la bataille de Monthléry en 1465, au sein de la Ligue du Bien Public, dans sa révolte contre le roi Louis XI: il n'était plus alors un tout jeune homme, mais il restait, dit-on, l'un des plus habiles chef de guerre sur qui pouvait compter le bouillant Charles le Téméraire.

Le second axe de la carrière de Jean VI de Créquy fut lié à la diplomatie et à la politique, toujours au service du Duc de Bourgogne. Il débuta tôt et sa carrière fut ponctuée d'ambassades fastueuses et de négociations délicates et difficiles. En 1435, il figura parmi les négociateurs du traité d'Arras. En 1442, il fut de l'entrevue entre Philippe le Bon et Fréderic, archiduc d'Autriche et roi des Romains. L'année suivante, le duc de Bourgogne le fit membre avec le chancelier Rollin, Antoine de Croy, le seigneur de Montaigu, le seigneur de Ternant, le seigneur de Bergues et Simon de Lalaing, de la délégation  chargée d'établir un accord avec le duc et la duchesse de Saxe. En 1445, en tant que chevalier d'honneur de la duchesse, il se rendit à Châlons pour voir la reine et préparer des conférences entre les deux parties. En 1453, il rencontrait Charles VII pour lui faire savoir que le Duc répugnait à ce que l'on parla de la ville de Gand. Bon conseiller du duc, il fit partie encore d'une missions dissuasive, auprès de son fils Charles, comte de Charolais, qui projetait de mener guerre contre le roi et il ue dissuada, plus particulièrement, d'attaquer Morbecque (Olivier de la Marche, II, p 277). En mai 1458, Jean de Créquy participait à la conférence qui permit le rétablissement de l'alliance anglo-bourguignonne. Henri VI, roi d'Angleterre,  lui accorda à cette occasion un sauf conduit. Dans les années soixante, il fut souvent conseiller du duc aux Etats d'Artois, chargé d'obtenir de préciaux subsides. En 1465, il était encore de la négociation qui conclut l'affaire du Bien Public. Il était encore des entrevues de Péronne en 1468 et assista à l'entrée de Marguerite d'York à Bruges, en     . Cette fonction de conseiller en titre fut bien lucrative et les comptes des Ducs témoignent encore de la générosité de princes envers celui qui les avait si bien servis.

Jean V de Créquy fut aussi parfait homme de cour, cultivait au plus haut point l'art de la chevalerie. Dès 1431, il fut fait chevalier de la Toison d'Or et il participait avec assiduité aux chapitres de cette digne institution. Il aimait les tournois,  y  participait dans sa prime jeunesse; il y figurait dans des parades symboliques sur le tard alors que brillait son neveu Jacques de Lallain, champion en la matière.

Ainsi fut-il présent au tournoi de La Fontaine-au-Plours, près de Châlons-sur-Saône, au retour d'un pèlerinage à Jérusalem.

"En ce temps et en cette semaine, revient du voyage de Jérusalem et de là retourna par Rome pour gagner le saint pardon messire Jehan, seigneur de Créquy, un très noble et vertueux chevalier, dont nous avons parlé au premier livre de nos mémoires. Ce seigneur était l'oncle de Jacques de Lalain et frère de sa mère. Et bien qu'il ait fait long voyage à grands frais et missions tant il était accompagné de chevaliers et de nobles hommes, il tint pour l'amour de son neveu à s'arrêter à Châlon"....Après avoir assisté au tournoi où son neveu se distingue, Jean s'en retourne en Picardie. (Olivier de la Marche, ch XXI, II, p 133)

On le trouve encore à La Pélerine, près de Saint-Omer où il figura un chevalier de la Table Ronde.

"Le bâtard de St Pol avait pour l'accompagner, au Pas de la Pélerine, le seigneur de Ravestain, le seigneur de Créquy et le seigneur de Ternant tous trois chevaliers et frères de l'ordre de la Toison. Les chevaux étaient couverts de soie. Celui du sire de Créquy était couvert des armes de Lancelot du Lac, à la bande de Benouhic". (Olivier de la Marche, Ch XIX, II p 133.)

Il était encore en 1461 aux joutes qui célèbrèrent les noces du comte de Charolais et de Marguerite d'York.

"Tantôt après arriva le roi d'armes de la Toison d'Or, accompagné de deux chevaliers de l'ordre, à savoir Monseigneur de Créquy et Monseigneur de la Gruthuse". (Olivier de la Marche, III, p 188).

Si les tournois constituaient un divertissement de choix pour un chevalier accompli comme l'était le sire de Créquy, il brillait également dans tous les jeux de cour, aux banquets plus particulièrement, marqués à l'évidence par sa grande délicatesse d'esprit. Il tira gloire de sa participation au banquet de Lille où il fut chargé de lire le bref de la Grâce-Dieu. Au même banquet, il prononça son voeu au faisan, promesse non tenue de partir en croisade:

"J'ay ouy et entendu la pitoyable complainte de nostre mere Saincte Eglise, dont mon cuer a receu amere et douloureuse deplaisance; mais quand j'ay sceu le voeu de mon très redoubté seigneur, celle douleur s'est ainsi comme cessée ou adoulcie pour la grant espoir que uy qu'aucun bon et sainct fruit s'en ensuyvra; et combien que chose de faire puisse porroit peu prouffiter et valoir a la ressouse et grant desolation d'icelle, neantmoins, pour ce qu'avecques les grans princes de la chestienté rasion est qu'elle soit secourue et servie à sa necessité des moyens et des petitz, je voue aux dames et au faisant que, moyennant la grace de nostre benoit Créateur et de sa benoîte mère, au cas que les besoingnes et affaires de mondit très redoubté seigneur pourront souffrir qu'il entrepende le sainct voyaige dont en son voeu est faicte mencion, et il luy plaist moy reccepvoir en sa compagnie, je me mectray en son service, à mes despens, en tel estat et compaignie de gentilzhommes et aultres que bonnement faire pourray, selon les bien que Dieu m'a donnez; et m'y employerai en telle façon, à mon pouvoir, que j'ay espoir que Dieu et le monde seront de moy constans; pourveu totesvoyes que lors ne soye empesché de mon corps; et s'il advenoit que Dieu ne vueille, il envoieray tant de gentilzhommes comme autres, en tel et si grand nombre que la faculté de ma chevance pourra pourter"  (Olivier de la Marche, II, p 336, 387)

Enfin, Jean de Créquy passait pour un esprit éclairé, féru en matière littéraire, considéré comme une autorité que l'on ne contestait guère au sein de la Cour de Bourgogne. Georges Doutrepont, qui étudia la littérature à la Cour de Bourgogne, a parfaitement mis en valeur le rôle qu'il joua. Martin Le Franc, écrivain de seconde catégorie qui avait offert à Philippe le Bon un immense poême intitulé le "Champion des dames" lui confère un réel brevet de capacité en matière de goût littéraire. Son oeuvre n'avait pas recueilli une très grande faveur auprès des courtisans. Le poète composa une "Complainte du Livre des Champions des dames", et dans le cours de son argumentation, il invoque le généreux appui de Jean de Créquy (Doutrepont G., La littérature française à la cour des Ducs de Bourgogne, Paris, 1943)

IItem aussy (car moult prouffite)
Avoir en la court avantage
De congnoissance et de conduicte
Principamment d'un homme sage)
Va t'ent acomplir mon message
Et ma recommandation
A ung seigneur de hault courage
Et de tresnoble intension.
 
Ton fait et ton nom maintiendra
Tant que honneur se pourra estendre
En ton bon droit te soustendra,
A tort ne te laira offendre.
Son nom je ne te deusse aprendre,
Et trop me semble natre (fou), qui
Ne scez incontinent entendre
Que c'est le seigneur de Crequy"

  Dans cet exercice, il était magnifiquement secondé par son épouse Louise de la Tour. Tout d'abord, au château de Fressin, il entretenait une librairie, dans laquelle il rassemblait maints ouvrages et pour laquelle il fit réaliser nombre de manuscrits. Les bibliothèques publiques françaises conservent encore quelques ouvrages que notre sire, son épouse ou encore ses enfants commandèrent:

Le catalogue sans doute incomplet nous permet de percevoir quels étaient les goûts littéraires de la famille. Ils restent dans la tradition médiévale, ne serait-ce que par les genres qu'ils cultivent, le roman de chevalerie, l'épopée habillée à la manière historique, les chroniques dans la mesure où elles s'articulent au passé plus ou moins mythique de la famille. On connaît au moins deux des auteurs, orthographieurs qui furent à la dévotion de la famille. L'un d'eux fut Alexandri, protégé de Louise de la Tour, douairière de Sains.

Cet esthétisme littéraire est à lier à une vie de cour où on régnait à l'envie le goût du symbole et de l'allégorie. Peu importe, en cet automne du Moyen-Age, la valeur de la prouesse chevaleresque: les temps épiques sont loin et Roland  fait moins recette. Jean de Créquy s'est comporté sans doute comme un guerrier consciencieux, mais on peut se poser à bon droit la question sur sa valeur strictement militaire. Par contre, il participait en bon chevalier bourguignon, de la courtoisie somme toute bien traditionnelle, se nourrissant davantage des lectures des Chevaliers de la Table Ronde.

Soulignons cependant, signe des temps, la référence à l'Antiquité, redécouverte en Italie, et qui est une constante dans les grandes manifestations festives de la Cour de Bourgogne. Jean de Créquy ne fut pas insensible à la redécouverte de la littérature antique et sous le duc Charles le Téméraire, il s'intéressa vivement à l'oeuvre de Quinte-Curce, sur la sollicitation de de Vasco de Lucène, un érudit notoire. Peut-on considérer ce signe comme un glissement vers des préoccupations nouvelles, qui sont celles de l'érudition humaniste, annonciatrice de la Renaissance? Pourquoi pas?

La fortune des Créquy était réelle et le service des Ducs de Bourgogne permit sans conteste de l'accroître. Aussi Jean VI de Créquy put-il enrichir le patrimoine de ses pères. Il fit l'acquisition de la solide seigneurie de Pont-Rémy, dans la Somme, à lui vendue par la dame de Waucourt et cette politique contribuait sans doute à assurer l'avenir d'une nombreuse progéniture. Il put aussi construire ou reconstruire le château de Fressin. Il est difficile de connaître la date exacte de cette réalisation, mais elle est déjà en cours, semble-t-il, avant le milieu du siècle.

Ce château, implanté sur une plate-forme grossièrement trapézoïdale, est entouré d'un fossé profond de 10 à 7 mètres et dont la largeur varie de 15 à 60 mètres. Il forme un rectangle de 77 m sur 56 m et était flanqué de huit tours cylindriques, dont les quatre plus fortes se situaient aux angles. Quatre autres tours, moins saillantes, ponctuaient les faces, deux au sud-est, une au nord-ouest, une au sud-ouest. La face nord-est est soi-disant percée d'une porte d'entrée, dans l'axe de l'église, proposition peu vraisemblable, contredite par la gravure de l'album de Croy qui montre que l'entrée principale donnait vers la vallée.

Les vestiges des tours encore existants permettent de préciser ce que fut leur aménagement intérieure. Hautes peut-être de dix mètres, elles étaient divisées en trois étages, c'est du moins ce que révèle la campagne de fouilles menée en 1923 par Abel Pentel.

 Il est difficile de connaître la distribution intérieure de ce site. La chapelle seigneuriale a pu exister dans une tour: telle est du moins l'impression que livre la gravure de l'album de Croy peinte aux alentours de l'an 1600. Un logis seigneurial, dont il ne reste rien s'adossait aux  courtines du front nord-est. Les fouilles de 1923 ont permis de découvrir les caves et les souterrains.

En avant corps, l'album de Croy montre une enceinte basse flanquée de petites tours, dont les deux qui encadrent la porte d'entrée sont coiffées de poivrières. Certaines d'entre elles furent fouillées, il y a une vingtaine d'années, par une équipe conduite par l'abbé Bille, curé de Fressin.

Jean V est-il le maître d'oeuvre de la superbe église de Fressin, l'une des plus belles de nos campagnes artésiennes? Il est difficile d'être affirmatif sur ce point. En tous cas, sa mère fit ériger la chapelle seigneuriale prévue pour abriter le tombeau de son mari; une inscription donne sa date exacte: 1425. Attenant au choeur, on peut supposer que celui-ci lui est contemporain et probablement antérieur. Certains éléments architecturaux, notamment les nervures ennoyées dans les murs, supposent le XIVème siècle. Le transept pourrait dater de l'époque de Jean VI. Quant à la nef, elle est postérieure et dans soute fut-elle élevés dans le premier tiers du XVIème siècle. Ses piliers octogonaux indiquent qu'elle eut le même concepteur que ceux de la collégiale de Douriez, élevée par François de Créquy vers 1500. Ils accusent une influence anglaise qui s'explique par l'ambassade que notre sire de Douriez mena Outre-Manche.

Il mourut en 1472 ou en 1473

Il épousa:

  1. Marguerite de Bours, dont il n'eut pas d'enfants

  2. Louise de la Tour, en 1446, fille de Bertrand de la Tour d'Auvergne et de Jacqueline de Péschin. Elle reçut par son contrat de mariage 16.000 livres de doit et son époux lui accorda en douaire le château et la seigneurie de Sains. Elle n'était pas morte en 1469, comme le rapportent les généalogiques, mais a survécu à son mari, selon Matthieu Becuwe.

Enfants

  1. Jean VI de Créquy, qui suit

  2. Jacques de Créquy, mort en 1480

  3. François de Créquy,

    François de Créquy, fils de Jean VI et de Louise de Créquy, fut seigneur de Douriez, Molliens, Quéant et Querieu; c'est dire qu'il recueillit l'héritage de son oncle Raoul, mort sans héritiers, en l'an 1472. Il fut envoyé par le roi de France en ambassade vers le roi d'Angleterre pour régler quelques difficultés qui existaient entre ces deux princes.

    Il fut marié en 1473 à Marguerite Blondel, dame de Longvilliers, de Marquise, de Dominois, Petit Chemin et de Boisjean.  En 1505, les deux époux fondèrent un chapitre de six chanoines, un doyen, cinq clercs et six enfants de choeur, que l'abbé de Saint-Josse accepta le 15 mai 1509 et que François de Hallewin, évêque d'Amiens, ratifia le 24 octobre 1523. Ils firent construirent une superbe et magnifique église, "de la grandeur d'une cathédrale", précise un mémoire imprimé en 1704, et dont le plan était inspiré parce que notre seigneur avait connu en Angleterre, payus où il avait été chargé d'une ambassade. Les libéralités du couple envers l'église ne se limitèrent pas à Douriez. Il fit  construire l'église de Longvilliers, joli monument qui accuse la fin du XVème siècle, restaura le choeur de l'église de Recques, et fit quelques aménagement dans celle d'Huby-Saint-Leu. Il mourut sans héritier en 1518; son épouse l'avait devancé dans la tombe en 1513.

  4. Louis de Créquy, prévôt de Liège, cité en 1486

  5. Bertrand de Créquy, chevalier de Rhodes

  6. Charles de Créquy, grand doyen de Tournai, mort en 1527

  7. Louise de Créquy

  8. Jacqueline de Créquy, dame d'Applincourt, mariée à Jacques de Beauffort

Actes et mentions

1429, 8 janvier.- Monseigneur de Créquy participe au tournoi de Bruges, à l'occasion du mariage du duc avec Marguerite d'York. "Le troisième jour, pour le chevalier de dehors, Monseigneur de Créquy, un rubis". (Le Fèvre  de St Rémy, Tom II).

1430.- Mardi, 30 mai tout le jour au siège devant Compiègne. (Etat des gages du personnel de la maison du Duc : messire Hue de Lannoy, 18 sols ; de Crèvecoeur, idem ; Jean de Créquy, 12 sols). (Nord, B 3398).

1431, 29 novembre.-Première "assemblée" de la Toison d'Or à Lille : le sire de Créquy y assiste. (Lefebve de St Rémy, Tome I)

1433.- Campagne de l'armée bourguignonne en Champagne et Bourgogne. Le sire de Créquy forme l'arrière-garde. Siège de Mussy-L'évêque qui réussit. (Le Febvre de St Remy, tome I)

1433.- Le duc de Bourgogne réunit en Flandre et en Picardie ses meilleures troupes. Il tient conseil de guerre le 25 juin 1433. Le comte de St Pol fera le siège de St Valéry, assiégé par les Français, et Jean de Luxembourg protégera la Picardie. Philippe est à Troyes le 3 juillet où il peut s'assurer de la fidélité de la ville ; il met le siège devant Pacy et Lezins et paraît à Pacy le 1er septembre. Peu après, il congédie une partie de son armée, mais il conserve les troupes des sires de Vergy et de Créquy qui opéraient en Champagne contre le seigneur de Chateauvillain et le damoiseau de Commercy. (G. du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, Paris 1891, tome II, p 147)

1435, octobre.- Le seigneur de Créquy fait partie de la représentation bourguignonne qui siège à Arras, en vue de négociations pour établir un traité entre Bourgogne et France. (Le Febvre de St Rémy, tome I)

1436.-  Jehan, seigneur de Créquy, est au siège de Calais. (Monstrelet, V, 246; Nord, B 1957-1960)

1436.- Lettres de gratification de diverses sommes à Jehan, seigneur de Créquy. (Nord, B 1958)

1436.- Jean de Croy, le seigneur de Créquy et le seigneur d'Humières assemblèrent environ 300 hommes pour déloger les Français de Rue, ce qui fut un échec. (A. Huguet : Aspects de la guerre de Cent Ans en Picardie Maritime 1400-1450, MSAP, tome 48 et 50, 1941-44)

1436, août.-  La garde de Gravelines, après l'échec devant Calais, est confiée aux seigneurs de Créquy, de Saveuse, à Simon et Sanche de Lalaing. Gravelines est attaquée par le duc de Gloucester. Mais aucun résultat pratique. Les seigneurs de Créquy et de Saveuse rôdent avec une poignée d'hommes sur les arrières anglais. (Monstrelet, V, 256-257; de Warin, VII, 201-202; Thielemans: Bourgogne et Angleterre: Relations politiques et commissions, 1966)

1436-37, 8 mars.- Rapport du fief de Guilbert de Griboval, écuyer, seigneur de Gauchin. (Inv. Tierny)

1437, 12 décembre .- Rapport du fief de Lancelot, seigneur de Caumesnil. (Inv. Tierny)

1437-38, 8 mars.-  Rapport du fief de Terny de Mailly, seigneur de Thalamas, pour la terre de Canlers et Sénécauville. (Inv. Tierny)

1438.- Quittance de Jean de Créquy, chambellan. (Nord, B 1986)

1439, 8 novembre .- Rapport du fief de Thierry de Mazinghem, écuyer, seigneur de la Bucaille. (Inv. Tierny)

1440, 6 avril.-Rapport du fief de Guillaume de Bilque, écuyer, seigneur de Royon en pairie. (Inv. Tierny)

1440-41, 21 janvier.- Rapport du fief de Catherine de Bernieulles, veuve de Jean de Hémond, ayant le bail de Jehennin de Hémond. (Inv. Tierny)

1441, 22 juin.- Lettres de Pierre de Pardieu, bailli de Jean de Créquy, seigneur de Créquy. (BN, cab d'Hozier 112)

1442.-  Le duc de Bourgogne donne à Guillaume de Lalaing, seigneur de Bugnicourt, les mille quatre cents francs dûs par son frère Jean, seigneur de Créquy et de Canaples, pour le quint denier, droitures et autres droits seigneuriaux dûs à cause de la vente des terres et seigneuries de Hordain, Croix, Marpent et Ottigniers sise au pays de Hainaut. (Nord, B 1976)

1443.-  Conseillers du duc de Bourgogne qui avaient pris part à la conclusion du marché entre le duc et le duc de Saxe : le chancelier Rollin, Antoine de Croy, le seigneur de Montaigu, le seigneur de Ternant, le seigneur de Créquy, le seigneur de Bergues et Simon de Lalaing. (29 décembre). Le duc de Saxe a pris l'engagement de distribuer aux conseillers du duc une somme de six mille florins, somme non payée encore le 3 septembre 1444. .- (G. du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, tome II, p 316)

1444,14-31 août.- Baudouin de Noyelles et le sire de Créquy envoyé en ambassade à Abbeville vers le Dauphin. (Nord, B 1978, f° 82)

1444.-  Le seigneur de Créquy fait partie de la longue suite qui accompagne la duchesse de Bourgogne à Reims et à Châlons en vue de négociations avec le Roi. Il y a aussi Guillaume le Jeune, seigneur de Contay. A Châlons, c'est le seigneur de Créquy, chevalier d'honneur de la duchesse, qui s'avance pour demander à la reine si elle accepte de recevoir la duchesse. (Aliénor de Poitiers, Honneurs de la Cour. Mémoires sur l'Ancienne Chevalerie. Tome I, P 154-156)

1444, 13 juillet .- Jean, seigneur de Créquy et de Canaples et son frère Raoul de Créquy, seigneur de ...(AN, X/1C 167; CHHP, H)

1445, 11 décembre.- Le seigneur de Créquy est présent à l'assemblée solennelle de la Toison d'Or, tenue à Gand. (Olivier de la Marche, II, 83)

1448, 24 mai.- Rapport du fief de Pierre de Mamès, seigneur de Nielles-les-Thérouanne. (Inv. Tierny)

1448, 13 juin .- Clermont-Ferrand. Traité de mariage entre Jean de Créquy et demoiselle Louise de la Tour. Dot : seize mille écus d'or ayant cours au royaume de France et à titre de douaire la demoiselle aura le château de Sains et deux mille livres de rente. (BN, Colbert 82, f° 89 et s)

1449, 26 novembre- Mandement du duc Philippe le Bon au bailli d'Aire d'avoir à recevoir Marguerite de Bièvres, douairière d'Antoine d'Haverskerque, jadis seigneur de Fontaine et de Fléchin, au bénéfice de son domaine sur la dite terre de Fléchin, en payant les droits de reliefs ordinaires sur lesquels cent francs au prix de trente deux gros francs devront être délivrés au seigneur de Créquy. Quittance jointe de ladite somme par le seigneur. (Nord, B 1033)

1450, 31 août.- Sentence du bailli d'Amiens Walleran de Soissons sur plainte des religieux, abbé et couvents de St Martin en Jumeaux, au sujet d'une maison, sise à Canaples et d'une cense appelée Raim qu'ils disaient leur appartenir et pour lesquelles maintenue est donnée au seigneur de Créquy et Canaples. (Inv. Tierny)

1452.-  Le sire de Créquy est envoyé par le duc de Bourgogne avec Charles le Téméraire alors comte de Charolais. Il le détourne d'attaquer Morbecque, alors bien gardé, au moment du conflit qui éclata entre le duc et les Gaulois. (Olivier de la Marche, tome II, P 366)

1453.- Le seigneur de Créquy fait savoir aux ambassadeurs du roi, venus à Lille, qu'il ferait grand déplaisir au duc si on parlait de la matière de Gand. (G. du Fresne de Beaucourt : Histoire de Charles VII, tome V, p 255)

1455, 12 mars.- Guillaume de Bethencourt, dit l'Oncle, donne à rente à Jean Ricart, un fief tenu en parti de Monseigneur de Créquy à cause de sa terre de Fressin. (BM Arras, ms 291)

1455, 12 mai.- Rapport du fief de Philippe de Maisnil, seigneur dudit lieu et de Lespault. (Inv. Tierny)

1457.- L'héritière des Waucourt vend la seigneurie de Pont-Rémy à Jean de Créquy.

1458, mai.-  Le seigneur de Créquy fait partie de la conférence qui permet le rétablissement de l'alliance anglo-bourguignonne. Henri VI, roi d'Angleterre lui accorde un sauf conduit. (Thielemens, p 370-384)

1458, 17 juillet.- Règlement entre Monseigneur de Créquy et de Canaples et Monseigneur du Biès son cousin. (Inv. Tierny)

1459.- Fléchin, seigneurie tenue des châteaux d'Aire et de Saint-Omer. Du compte d'Aire finissant en 1459 : de Jehan de Créquy, chevalier, chambellan du duc de Bourgogne, pour les reliefs et cambellage et autres droits dus à cause de 300 fr. de rente que dame "Marguerite de Bèvre, veuve de feu Anthoine de Haveskerque, jadis seigneur de Fontaines et de Flecin" a droit de prendre pour son douaire sur la terre de Fléchin tenue du châtel d'Aire et dont mondit seigneur de Créquy est héritier par les trespas de monsieur de Fontaine". (Communication de M. de la Charie; Stat. féod., p)

1461.- Jean de Créquy assiste à l'entrée de Marguerite d'York à Bruges. Puis, il est chef d'une des chambres du festin aux noces de la princesse. (Olivier de la Marche, III, p 117)

1461.- Le Duc de Bourgogne charge le sire de Créquy et Toison d'Or de faire une enquête discrète sur l'armée royale qui occupe l'Artois. (Nord, B 2040, f° 181, 181vo)

1461, 22 avril.- Testament de Jean de Créquy et plusieurs lettres touchant Jehan et Antoine son frère : Robert (sic), seigneur de Créquy et de Canaples. Exécuteurs testamentaires : Louise de la Tour, sa femme, Raoul de Créquy, Jacques de Rembures, Arnoul de Créquy, maître Jehan de Bours et Jehan Monseil, témoins pour présens Raoul Le Fèvre et Jehan Fremin, prêtre au château de Fressin scellé aux armes de Créquy. (Inv. Tierny)

1462, 18 novembre.- Le seigneur de Créquy commissaire aux états d'Artois qui se tiennent à Arras. Le duc demande deux aides extraordinaires par avance, dix ans durant, motivée en particulier par l'achat du duché de Luxembourg et d'une bonne courtoisie pour le comte de Charolais et sa femme pendant le même temps. Ajournement au 18 décembre. (Hirschauer, St Omer, B, f° 56)

1463, 12 février.- Regnaut de Contes, écuyer, lieutenant de Jehan de Bours, licencié et lois, bailli de Créquy pour Jehan de Créquy, en présence de Thomas de Lespine, Jehan de Bomy, alias Jennequin, hommes-legs, d'Andrieu Aubert desservant pour Adam le Quaronne, homme lige tous homme jugeant. Vente d'une pièce de terre séant à Planques tenue de noble homme Ernoul de Créquy, seigneur d'Obremont et des Granges à Simon Cozier, demeurant à Azincourt. ( Archives  Souastre; BM Arras, ms 291; AN, 306 1P 554-M)

1463, 1er août.- Jean, seigneur de Créquy et de Canaples, chevalier, conseiller et Chambellan du duc de Bourgogne certifie qu'il appartiendra que Jehan de Tenremonde, dit le Bègue, le tienne quitte d'une somme de cinquante livres parce que la terre de Pontremy est chargée de rentes envers la recette du Ponthieu dont ledit Tenremonde est receveur. (BN, P.O 926)

1464-65, 18 février.- Rapport du fief de Louis de Tramecourt. (Inv. Tierny)

1465, 19 juillet.- Jean de Créquy raconte les prouesses de Philippe le Bon à la bataille de Monthléry. Lettres de Jean adressées à Philippe d'Etampes. (Olivier de la Marche, tome III, P 14-15)

1465, 5 octobre.-   Paris.- Traité de Paix, appelé traité de Conflans, entre le roi Louis XI et Charles, comte de Charolais. Négociateurs : le sire de Créquy. (AN, J 657)

1466, 28 mai.- Le seigneur de Créquy, commissaire aux états d'Artois. Le duc demande deux aides extraordinaires pour les frais des guerres liégeoises et ceux des ambassades envoyées à Paris et en Angleterre, ainsi qu'une demi-aide pour le comte de Charolais. Ajournement au 16 juin. Ce jour du 16 juin, les commissaires refusent l'offre des états d'une aide pour le duc et d'un quart d'aide pour son fils. (Hirschauer)

1466.- Distribution d'arcs, flèches et cordes, à monseigneur de Créquy. (Nord, B 3517).

1466.- Le bailli royal notifié de Jean de Créquy a vendu 40 livres de rente à Robert de Nédonchel. (Inv. Tierny)

1468.-  Jean de Créquy assiste à  l'entrevue de Péronne. (Olivier de la Marche, tome III, P 84)

1468.- Lettres reçues et dépêchées : le sire de Créquy. (Nord, B, 17703)

1471.- Quittance pour gages de Jean, seigneur de Créquy. (Nord, B, 2088)

1471, 26 juillet.- Philippe, bâtard de la Vieville, contre le sire de Créquy. (Cour de Malines, tome I)

1471, 20 septembre.- Testament de Jean de Créquy passé par devant les auditeurs royaux Jacques de Bersacles et Jehan de Canlers. (lettre annexée). (Inv. Tierny)

1473.- Quittance à Pierre Coustain de Valenciennes qui a peint sept tableaux des armes de feus les seigneurs de la Toison d'Or, en vue du chapitre. "Item pour avoir peint sept tableaux des armes de feu Monseigneur seigneur de Créquy". (Nord, B, 2096)