L'illustre famille de Créquy

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Actualités des Créquy

Présentation

12/02/2009 16:59

 

Tombeaux et épitaphes en l'abbaye de Ruisseauville

Cette page sera bientôt revue... 

Se retrouver dans le corpus épigraphique de l'abbaye de Ruisseauville n'est pas facile. Les nombreux ravages qu'a connu cet établissement, par faits de guerre, fait qu'il ne reste rien, ou presque, et que notre connaissance ne peut être fondée que sur les anciens épitaphiers; or, il s'en faut de beaucoup pour qu'ils aient vu les mêmes choses... Roger Rodière, dans son Epigraphie du Pas-de-Calais, permet la réalisation d'un inventaire

L'enquête de 1604

Ramelin de Créquy eut son tombeau en l'abbatiale de Ruisseauville et ce tombeau était encore visible en 1604, au temps de la première enquête généalogique sur les Créquy.   "(l'abbé) nous fit ostension d'une ancienne sépulture couverte d'un grand marbre noir sur lequel est figurée es eslevée en bosse image d'ung personnage armé à l'anticque ayant au costé gauche ung grand targe ou escu sur lequel sont aussy taillées les dites armoiries de Créquy"

 

L’épitaphier de Jacques de Clerck (2e partie, p 351)

Il  nous donne des précisions sur les tombeaux de Ruisseauville vers 1632, c’est-à-dire avant les destructions de la guerre de Trente ans. On remarquera que le rédacteur signale trois statues gisants, tandis que le procès-verbal de 1604 n’en indique que deux et ne les situent pas aux mêmes emplacements.

Dedans l’église de Rousseauville sont trois tombeaux eslevés environ deux pieds, l’une de Ramelin de Crecquy, fundateur de la ditte abbaye, et laquelle estant primitivement esté basty au chœur de la ditte églyse, l’abbé qui est à présent, en restaurant la ditte églyse toute  ruinée, l’a faict transporter avec les ossements du dict fundateur en certaine chapelle, où on la voit en présent, ayant d’en haut le pourtraict armé d’un chevlier armé, sonescu de Crecquy sur sa poitrine, ayant en sa main droicte une unde et large espee

La deuxième tombe est tout devant la mesme chapelle, d’une mesme forme. Les religiueux me dirent d’estre celle de son filz. Il porte semblablement une espée large en sa main, et sur sa poictrine l’escu de Crecquy. Au bord de la ditte tombeau est escrit : « Cy gist Messire Bauduin de Crecquy. Priés pour s’ame. Giercees de Douay me fis. [» Cette mention du nom du sculpteur serait du plus haut intérêt, si ce nom, Giercees, n’était malencontreusement estropié.

En une autre chapelle est la troisième, mais elle me semble estre plus aulicque que les deux précédentes, ayant aussy semblable chevalier armé, portant l’espée et l’escu comme les primiers, mais il n’y at aucune superscription.

Epitaphes relevées à l’abbaye de Ruisseauville (d’Aubrometz) (Mss Will. De Sars, BM Douai 1365, vol ; PDC, p 321)

Ramelin de Créquy

Ci gist haut et puissant seigneur Ramelin sire de Creki qui fonda ce monastère l’an de grâce MLXXXVI. 

Pries Dieu pour s'âme.

Créquy, Saint-Pol/Béthune, Louvain

L'épitaphe  de Baudouin, sire de Créquy

Cy gist le grand baron Baudoyn  sire de Créquy qui trepassa l’an de grâce MCCXXVI

Priez dieu pour l’âme

Creki/hainaut, Craon, Vitré

L'épitaphe de Jean de Créquy

Cy gist Messire Jean de Creky et de Canaples qui trépassa l’an de grâce 1309

Pries Dieu pour s'âme.

Créquy ; Fosseux/ Rosny, Haverskerque

La description de l'épitaphe de Ramelin par Malbrancq

 

L'épitaphe du musée de Saint-Pol (Ramelin de Créquy)

Cependant le musée de Saint-Pol conservait au siècle dernier une autre épitaphe de Ramelin de Créquy, qui devait dater, nous semble-t-il du XVIIème siècle. Il s'agissait d'une pierre en forme de losange de 55 centimètres de côté, cassée en deux morceaux, pierre venant probablement des débris de démolition de l'abbaye et remise au musée par son fondateur Bruno Danvin. La moitié supérieur de la pierre portait gravée au trait la figure d'un chevalier armé et casqué, tenant de la main droite une épée et soutenant de la gauche l'écu des sires de Créquy : "d'or au créquier de gueules". Sous cette effigie, on pouvait lire en capitale romaine de la fin du XVIème siècle ou du début du XVIIème siècle :

 "CI GIST HAUT ET PUISSANT RAMELIN SIRE DE CREQUY QUI FONDA CE MONASTERE L'AN DE GRACE 989. PRIEZ DIEU POUR SON AME".

A la pointe inférieure du losange étaient gravés deux tibias en sautoir supportant une tête de mort

Cette épitaphe est à rapprocher des indications du cartulaire-chronique, citées plus haut, qui accréditent la légende d'une fondation antérieure à l'an mil. On a profité de la destruction des archives et des restaurations successives pour donner à l'abbaye une origine plus ancienne. Cette nouvelle façon de voir les choses a eu quelques graves conséquences, puisqu'elle a entraîné une confusion certaine, dans les généalogies parues à partir de la fin du XVIIème siècle, à l'endroit des Ramelin et aussi une controverse inutile à propos de la date d'origine de l'abbaye de Ruisseauville.  

Source et publication:    E. Edmont, B.C.D.M.H. PDC, Tome III, page 143.